Archives d'Abbadia - Notice de document numérisé : Lettre à Virginie Vincent de Saint-Bonnet (1859)
URL de la page : http://www.archives-abbadia.fr/notice_document_122.htm
Date d'impresssion : 22/09/2019
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Notice de document numérisé

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Lettre à Virginie Vincent de Saint-Bonnet (1859)

Carte d'identité

Carte d'identité

Rubrique : Graphothèque
Toponymie : Thème : Style : Période : Datation précise : 02/02/1859
Auteur de la notice : Viviane Delpech
Mise en ligne : 07/08/2014
Mise à jour : 28/07/2014
Droits de diffusion : Communication soumise à autorisation, reproduction soumise à autorisation
Droits d'auteur : © Archives d'Abbadia/Académie des Sciences

Généalogie du document

Fonds d'appartenance : Archives du château d'Abbadia. Site d'Hendaye Nom du propriétaire du fonds : Académie des Sciences

Inventaire d'appartenance : Volume de copies de lettres I Référence inventaire d'appartenance : Volume de copies de lettres I

Détails sur le document

Référence : Volume de copies de lettres I, fol.38
Auteur : Antoine d'Abbadie
Description physique : Correspondance
Format du document : non renseigné
Langues du document :

Description du document

Présentation

Cette lettre, parfois difficilement lisible en raison des bavures de l'encre, a été rédigée par Antoine d'Abbadie à l'attention de Virginie Vincent de Saint-Bonnet, le 2 février 1859, soit dix-huit jours avant leurs noces. Il s'agit de l'une des premières lettres adressées directement par le savant, âgé de 49 ans, à sa future épouse, rentrée dans sa trente-et-unième année. 

Tandis que la jeune femme se trouve à son domicile familial de Lyon, d'Abbadie séjourne à Paris, où il s'occupe des affaires financières de sa mère et des préparatifs de son mariage lui causant bien du tourment. Le ton exalté démontre un attachement profond envers son élue, à laquelle il ne dissimule pas son impatience de la revoir. Cette hâte est accrue par l'exaspération qu'il éprouve devant la complexité des démarches administratives françaises. Ce mépris témoigne bien, en outre, de ses valeurs et de ses opinions conservatrices, exprimées à maintes occasions par le savant. 

Ce document renseigne sur la tendresse des relations qui lient le couple d'Abbadie à l'aube de son mariage. Si cet acte s'avérait une nécessité sociale pour l'un comme pour l'autre, en raison de leurs âges avancés, leur union résultait également d'un minimum d'attirance et d'affection, du moins de la part de d'Abbadie.

Transcription

Paris, 1859 février 2.

Arrivé ce matin à Paris, et comptant vous voir demain, j'ai trouvé en cette ville où je suis si rarement content, j'ai [ill.] trois contre-temps. Le plus petit est scientifique, car j'ai eu la témérité de vouloir [ill.] deux comètes le peu de lumière qui me semble leur appartenir, mais ne perdons pas le temps à narrer les coups de bec que les crabes qui se croient savants pincent tant à se distribuer. Contre-temps n°2 est plus grave : j'ai du rendre compte à Maman de ses affaires de Londres et lui remettre des papiers. Elle en a profité pour me retenir ici jusqu'à jeudi matin afin de m'affubler de mon beau-frère pour votre contrat. J'ai cru avoir cédé parce que c'est Maman, tout en disant que ma parole était donnée et que je ne veux rien changer ni discuter. Comme si j'avais besoin de [ill.] que celle de la noce, Amie! Mais j'ai voulu éviter une querelle en cédant. La n°3 m'a piqué au vif. Etant allé à la mairie pour prendre l’acte de décès de mon père, j’ai pris note des pièces qu’il me faut. Entre autres, on exige votre extrait de naissance. Je suis donc contraint de vous le demander pour faire publier notre mariage en ma commune d’Arrast à laquelle j’ai écrit d’ailleurs. Ah si nous avions pu nous marier à l’étranger ! Il ne me reste que la mince consolation de l’avoir proposé. Je hais ces fourches caudines de la loi. Puissions-nous vivre assez pour la voir abolir.

Je voudrais bien avoir toutes ces paperasses légales bien loin derrière moi mais il ne sert à rien de vouloir. Je ressemble plus que jamais à votre pataud de plâtre, frileux contrit et ruminant ses vexations. Comme j’ai besoin en ce moment de votre cœur pour chauffer le mien ! Je voudrais vous voir là, je veux dire ici, gaie, alerte et résolue, et me tenant la main comme vous le fîtes à la salle à manger de Toulon. Vous n’avez jamais su combien de plaisir vous me fîtes alors. Mais vous me la tiendrez encore je l'espère et vous me donnerez le pardon que je vous ai demandé, ou sinon. Mais il me reste une bien bizarre confession à vous faire, je ne sais comment je l’ai omise, ni comment je ne l’aie pas eue plus présente devant moi. A l’heure qu’il est, elle a grandi comme une géante, et j’ai honte de l’écrire. C’est de vive voix que votre Ethiopien mettra son cœur à vos pieds. Jeudi soir donc, et Dieu aidant, si le train n’arrive pas trop tard à Lyon, je sonnerai timidement à votre porte, et vous me trouverez beaucoup plus prêt alors à dire « commandez » et non cet « obéissez » qui vous a tant pesé. Qui sait ? Peut-être mon Amie ne connaît-elle
pas encore son Ethiopien. 

A. d'Abbadie

Bibliographie

  • DELPECH V., Le château d'Abbadia à Hendaye: le monument idéal d'Antoine d'Abbadie, 3 volumes, thèse de doctorat d'Histoire de l'art, Université de Pau et des Pays de l'Adour, 2012.

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Pour citer cette notice : Viviane Delpech, "Lettre à Virginie Vincent de Saint-Bonnet (1859)", in Ville d'Hendaye/DRAC Aquitaine, Archives d'Abbadia. Patrimoine du XIXe siècle [En ligne], mis en ligne 07/08/2014, consulté le 22/09/2019. URL : http://www.archives-abbadia.fr/notice_document_122.htm
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